- Photographies personnelles des régions de la Margeride à l'Aubrac et surtout les grands plateaux calcaires qui font suite ( et fin ) aux grands Causses -
jeudi 23 octobre 2025
Orage à venir - ( RC )
Les clairs fragiles
lundi 20 octobre 2025
la conque du vent et les herbes sauvages - ( RC )
La conque du vent
fait chanter les herbes sauvages
elles n'ont de limite
que ceux des contours
des chemins de solitude...
des chemins que l'on parcourt
à nu sous le crépitement du soleil
ou dans les enjambées
des pins sylvestres
ils se hissent même
au sommet des monts
quand ceux-ci sont assez aimables
pour leur laisser une place
devant les murs de calcaire.
Sur le causse,
ils seraient cathédrale
à ciel ouvert:
roche grise ou dorée
à la liturgie minérale...
Une eau - si rare maintenant -
l'a modelée, sculptée, perforée.
Sentinelles du passé
verticales harassées
qu'une route étroite
essaie de contourner,
les vautours eux, veillent
dans les anfractuosités.
De vallée en vallée
leur vol noir
est un trait de silence
lancé dans les airs
...nos foulées si lentes
en comparaison
peinent à nous porter
avec maints détours...
Nous apprenons la distance
le pas recommencé,
le gris de la roche
l'amande étirée de la doline
les croix de chemins,
la cohorte des nuages
accrochée au loin
aux pentes de l'Aubrac...
jeudi 16 octobre 2025
le toit de la bergerie - ( RC )
photo RC domaine de Boissets
Il est encore un de ces jours
où les nuages ont l'âme légère.
On se demande encore
pourquoi le toit se prolonge
ainsi jusqu'à la terre.
C'est qu'il faudrait alors
envisager le retour
des temps où le sourire s'efface,
les temps de neige et de glace:
Qui risquerait ses pas dehors
ne tarderait pas à se trouver un abri
contre les vents du plateau solitaire
la chaleur animale du troupeau de brebis,
sous le poids suspendu du calcaire
le causse alors désert
au-dessus de Sainte Enimie...
Il s'agira de passer un hiver
parmi les plus rudes
dans la grange isolée,
arcboutée sous la pierre
compter les journées de solitude
au son d'une meute de loups affamés
hurlant sous une lumière lunaire
contrepoids au silence épais
qui s'éterniserait
posé sur les drailles enneigées
et les pins noirs figés en blocs obscurs
celui de la nuit
où l'on distingue à peine la toiture
touchant terre, de la bergerie...
mardi 14 octobre 2025
l'automne au causse de Changefège (bis )
photos de Susanne Derève et René Chabrière
-
cet endroit situé entre Balsièges et Mende offre des espaces et végétations variées, aux couleurs intéressantes lors de l'automne - dûes principalement aux variations des feuillis, et entre autres une espèce d'érable à petites feuilles, qui prend une teinte rouge-rosée
mardi 2 septembre 2025
les Boissets ( le retour )
Le domaine départemental des Boissets, en Lozère, situé sur le cause de Sauveterre, au-dessus du village touristique des gorges du Tarn ( Ste Enimie )
la carte des causses ( Sauveterre et Méjean )
disposition des pierres calcaires sans poutres de bois, ( les bois de charpente pouvant supporter une voûte étant rares sur le causse )
jeudi 28 août 2025
question de mots - ( RC )
Il faut capter les mots au vol
avant que les hirondelles ne les rattrapent.
Ce sont des instants suspendus
où , même les pieds ne touchent plus le sol.
On attend que survienne un nuage,
qui masque l’écriture lourde du soleil,
pour s’en aller cueillir des cailloux
ou quelques fleurs séchées.
Poursuivre la route,
serpenter sur les balcons du causse,
( et peut-être insérer une phrase,
aussi longue qu’une sieste inachevée )….
dimanche 20 juillet 2025
Il est l'heure de rentrer, et je sais que tu m'attends - ( RC )
photo perso - causse de Sauveterre - Lozère
à l'heure de rentrer
les longs rubans des routes
attendent.
La trame du vent
s'engouffre dans ce qu'il reste
comme pentes
déjà portant la couleur
des souvenirs.
J'ai en mémoire
les mirages des eaux
où la lumière se heurte
et les nuages cendrés
brodés d'or.
Peut-être à l'autre bout du pays
les semblables règnent,
se pressent sur les plateaux
et apportent leur ombre passagère
aux collines
où s'égarent les chemins.
Je sais que je n'y rencontrerai
presque personne,
une fois revenu.
C'est pour d'autres voyageurs
un exotisme du silence
qui n'offre pas l'impatience
des villes touristiques
ou des stations balnéaires.
La progression est lente,
l'espace se mérite:
c'est un rivage au long cours
d'où la mer s'est retirée
bien avant que les hommes n'y pénètrent…
Il est l'heure de rentrer
et je sais que tu m'attends...
lundi 14 juillet 2025
le pays d'entre les monts - ( RC )
m'attend de ses falaises
alternance de blés ondoyants
et de bois sombres
la vague verte de ses épis
répond à celle du vent:
le jardin du jour
patiente sous un ciel changeant
la lumière filtre entre les nuages
pour illuminer une colline
ou la plonger dans l'ombre
immédiatement contredite
par la suivante et les chemins
qui se perdent entre rocailles
herbes folles et pins sylvestres
arceaux d'ombre
où l'on entend,
mais jamais très loin
dans la vallée
l'éventail des clochettes...
Une brise animale
parallèle au mouvement des brebis
fréquentant les drailles
pour se retrouver bientôt
vendredi 27 juin 2025
la récompense du marcheur - ( RC )
On peut marcher longtemps
sans rencontrer personne,
aboutir dans une ferme à la toiture effondrée
où des carcasses de véhicules vétustes
sont exposées ...comme au musée,
un jeune pin voisinant leur rouille.
Les troupeaux de brebis ne viennent plus
faire résonner la steppe de leurs sonnailles,
le silence s'est refermé , main invisible
dans les champs hors d'âge,
où personne ne vient plus
faire obstacle à l'avancée des pins.
Pourtant, en suivant un chemin
au parcours incertain,
de loin en loin, jurant sur la grisaille
un vert insolent
dans la cuvette soyeuse d'une doline,
contraste avec les pentes sauvages.
C'est la récompense du marcheur.
Le causse réserve des surprises
dans le moutonnement de ses collines
Tout n'est pas retourné à l'abandon
au seul profit des vallées touristiques
séparées d'elles par ses falaises verticales...
jeudi 6 mars 2025
alors, que pèsent les pierres de la chapelle ? - ( RC )
photo Jérôme Pignol
-
Le ciel a vaincu
la chapelle de pierre
il ne reste de l'ouverture
que la fenêtre étroite
à l'aspect de meurtrière
mais le mur a disparu.
Une brèche sur l'azur
où les prières s'égarent
dans le passé.
Le causse reste le même
indifférent aux guerres
et aux efforts
des bâtisseurs
où rêves et illusions se séparent.
C'est comme dans un poème
qui tendrait vers l'épure
emportée au premier coup de vent:
c'est que la nature
a pour elle tout son temps
Le poids des ans
courbe davantage
celui des nuages
voguant dans le ciel...
Alors, que pèsent
les pierres de la chapelle ?