RC - causse de Sauveterre
- Photographies personnelles des régions de la Margeride à l'Aubrac et surtout les grands plateaux calcaires qui font suite ( et fin ) aux grands Causses -
RC - causse de Sauveterre
La conque du vent
fait chanter les herbes sauvages
elles n'ont de limite
que ceux des contours
des chemins de solitude...
des chemins que l'on parcourt
à nu sous le crépitement du soleil
ou dans les enjambées
des pins sylvestres
ils se hissent même
au sommet des monts
quand ceux-ci sont assez aimables
pour leur laisser une place
devant les murs de calcaire.
Sur le causse,
ils seraient cathédrale
à ciel ouvert:
roche grise ou dorée
à la liturgie minérale...
Une eau - si rare maintenant -
l'a modelée, sculptée, perforée.
Sentinelles du passé
verticales harassées
qu'une route étroite
essaie de contourner,
les vautours eux, veillent
dans les anfractuosités.
De vallée en vallée
leur vol noir
est un trait de silence
lancé dans les airs
...nos foulées si lentes
en comparaison
peinent à nous porter
avec maints détours...
Nous apprenons la distance
le pas recommencé,
le gris de la roche
l'amande étirée de la doline
les croix de chemins,
la cohorte des nuages
accrochée au loin
aux pentes de l'Aubrac...
Il est encore un de ces jours
où les nuages ont l'âme légère.
On se demande encore
pourquoi le toit se prolonge
ainsi jusqu'à la terre.
C'est qu'il faudrait alors
envisager le retour
des temps où le sourire s'efface,
les temps de neige et de glace:
Qui risquerait ses pas dehors
ne tarderait pas à se trouver un abri
contre les vents du plateau solitaire
la chaleur animale du troupeau de brebis,
sous le poids suspendu du calcaire
le causse alors désert
au-dessus de Sainte Enimie...
Il s'agira de passer un hiver
parmi les plus rudes
dans la grange isolée,
arcboutée sous la pierre
compter les journées de solitude
au son d'une meute de loups affamés
hurlant sous une lumière lunaire
contrepoids au silence épais
qui s'éterniserait
posé sur les drailles enneigées
et les pins noirs figés en blocs obscurs
celui de la nuit
où l'on distingue à peine la toiture
touchant terre, de la bergerie...
photos de Susanne Derève et René Chabrière
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cet endroit situé entre Balsièges et Mende offre des espaces et végétations variées, aux couleurs intéressantes lors de l'automne - dûes principalement aux variations des feuillis, et entre autres une espèce d'érable à petites feuilles, qui prend une teinte rouge-rosée
On attend que survienne un nuage,
qui masque l’écriture lourde du soleil,
pour s’en aller cueillir des cailloux
ou quelques fleurs séchées.
Poursuivre la route,
serpenter sur les balcons du causse,
( et peut-être insérer une phrase,
aussi longue qu’une sieste inachevée )….
On peut marcher longtemps
sans rencontrer personne,
aboutir dans une ferme à la toiture effondrée
où des carcasses de véhicules vétustes
sont exposées ...comme au musée,
un jeune pin voisinant leur rouille.
Les troupeaux de brebis ne viennent plus
faire résonner la steppe de leurs sonnailles,
le silence s'est refermé , main invisible
dans les champs hors d'âge,
où personne ne vient plus
faire obstacle à l'avancée des pins.
Pourtant, en suivant un chemin
au parcours incertain,
de loin en loin, jurant sur la grisaille
un vert insolent
dans la cuvette soyeuse d'une doline,
contraste avec les pentes sauvages.
C'est la récompense du marcheur.
Le causse réserve des surprises
dans le moutonnement de ses collines
Tout n'est pas retourné à l'abandon
au seul profit des vallées touristiques
séparées d'elles par ses falaises verticales...